22 novembre 2008
UNE LETTRE DE MADAME POLIAKOFF À LA MORT DE MON PÈRE
Lors du décès de mon père, la veuve du peintre Serge Poliakoff, Mme Marcelle Poliakoff prit soin d'écrire une lettre à ma mère pour lui témoigner son affection et son chagrin. Ma mère la connaissait et était allée quelquefois chez elle, rue de Seine, après la mort du peintre. Elle lui avait donné, en témoignage d'amitié, une lithographie pour le nouvel an de 1965.
Mon père est né à Paris de parents russes. Selon la législation en vigueur à l'époque, il était, bien que né à Paris, russe. Il n'est devenu officiellement Français que grâce à la loi de 1927, que le gouvernement de Pétain a abrogé rétroactivement contre tous les principes fondamentaux du droit, faisant de mon père un apatride dans son propre pays, qu'il avait défendu en septembre 1939 jusqu'en août 1940, où il avait été mobilisé comme tous les hommes de sa classe d'âge (classe 1929) qui avaient fait comme lui son service militaire. La législation d'après guerre a changé le statut des enfants nés en France (droit du sol) pour éviter ce genre de tragédie.
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