15 décembre 2010

LA SOIE DU MONDE

Marusa, 2009.     Tu es la pauvre, là où on t'a mise,  sous l'escalier. Tu ne l'as pas voulue, la mort, il faut que le printemps approche. Qui désormais se souciera de toi ? Le bruit des clous qu'on enfonce pour tenir ton image, le sang, la soie du monde, c'est incompréhensible. Le vent suffisait à te rendre folle. Qui t'accordera le lit, le pain, la viande, le vin de l'hospitalité, sous l'escalier ?  
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12 décembre 2010

DOULEUR

"Douleur", image, Marusa, 2010.   Douleur qui fait arc, lumière, la tienne, électrique. Elle te traversa et parla peu. As-tu su pourquoi ? As-tu su comment elle était venue du fond de la nuit sans nom ? Belle, terrible,  tu l'as habitée. Elle fut ton asile, ton exil,  elle alla son chemin.
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10 décembre 2010

ABSENCE

"Absence", photo Marusa, nos chaussures sur un tapis d'Orient représentant le paradis.   Ce peu de mots, la nuit les dépose syllabe après syllabe, dans le cristal de tes larmes. Le mot que tu  reprends donne sa forme    à l'absence.  
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06 décembre 2010

FAILLE

("Faille", M.-L. Broggi, 2007)     L'heure, à qui s'adresse-t-elle désormais, vide ? Tu viens dans la faille. Lumière, seule lumière, la faille de vivre. Le lit de verdure de nous deux, flaque de nuit, ce plus jamais qui perce le cœur, rouge, de ta voix où s'épuise ma voix.      
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05 décembre 2010

SERRURE DE LA NUIT

    Toi qui sais que nous avons été faits de rêves, tu ouvres pour nous la serrure de la nuit, formes sans corps, voix sans visage, chemins sans trace. Nous qui ne savons que dire adieu, notre folie voudrait forcer l'univers de l'amour. Ainsi, grâce soit rendue à tes paupières closes, qui lèvent dans nos yeux  la grande aile insaisissable qui,  soudain,  nous traverse.   ("Rêve", Marie-Louise Broggi)  
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05 décembre 2010

SES MAINS

    Souveraineté de tes mains dans la nuit, qui nagent,  bleues. Elles glissent dans la douceur liquide des grandes eaux d'Ophélia, inaltérables, incomparables, inarrêtables. Le temps n'a plus prise sur elles. Elles sont le frémissement du monde, sa vague en devenir vers une autre verticalité. Abstraction visible du silence, rédemption. ("Mains d'Ophélia", Marie-Louise Broggi)
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03 décembre 2010

GRATITUDE DU CHAGRIN

  Le couteau, tu l'as planté sur la table, debout, près de la bougie. Les flammes montent, montent très haut avec une bonne volonté désespérante. Et ton visage est apparu entre les flammes, venu de très loin, avec tes yeux, tels deux ardentes roses, tes yeux de mort, deux rayons immenses au milieu du silence qui s'abattit sur nous incrédules.   *    Brisé, broyé dans le creuset de feu que fut ta vie, ici, dans ce monde à la splendeur unique, si pauvre, le mot, en crise, passe par le travail de la... [Lire la suite]
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