Histoire des Juifs en Europe

Histoire, littérature, philosophie autour de l'histoire des Juifs en Europe et de ma famille depuis six siècles, de l'Espagne à la Russie.

22 novembre 2008

Glossaire du monde juif en Pologne

Agudat Israël: (en hébreu) - Union israélite de droite, créée en 1912 à Katowice, regroupant 300 personnalités, rabbins, notables, ortodoxes, mitnagdim et hassidim. Il avait pour but de lutter contre les tendances laïques sinon laïcistes d'une grande partie de la gauche juive, particulièrement les communistes juifs, les bundistes et les Poalé Tsion. En 1939, elle comptait 25 000 membres mais pouvait en mobiliser dix fois plus. Fortement structurée, elle disposait d'une maison d'édition et d'un journal, Di Yiddishe Togblat ("Le quotidien juif"). Dotée d'organisations de femmes et pour la jeunesse, elle avait fondé une section ouvrière, le Poalé Agudat, avec son journal, Der Yiddisher Arbeiter ("L'ouvrier juif"), gérant un fonds d'entraide pour les malades, des cantines populaires pour les chômeurs, 115 coopératives et 15 825 membres en 1936. Souvent proche du pouvoir, dont elle fut l'interlocuteur privilégié entre 1927 et 1937, apparemment consiliante sur l'antisémitisme, majoritaires dans les kehilot, l'Agudat dirigea la Kehila qui correspondait aux critères instaurés par le régime.

Anciens (senior, en latin; parnas, en hébreu) : Dirigeants des communautés juives. Dans chaque communauté, il existe un responsable mensuel: le senior mensis; il existe encore un syndic général des Juifs du royaume (et un autre en Lituanie), le "senior général des Juifs".

Arianistes: Sectateurs chrétiens arrivés en Pologne au milieu du XVIème siècle; ils en furent expulsés après les guerres suédoises. Les Arianistes ne reconnaissaient pas l'existence de la Sainte Trinité.

Ashkénazes (Ashkenazim, Allemands en hébreu): Juifs originaires d'Allemagne, d'Europe centrale et orientale, et de la France du Nord et de l'Est (Alsace).

Bar mitsva (Fils de la Loi, en hébreu): Confirmation des jeunes garçons juifs à l'âge de 13 ans. Il n'en existait pas pour les filles.

Bet Din : Tribunal rabbinique.

Bet Hamidrash: Maison de lecture et d'étude du Midrash (commentaire critique de la Bible); en général située à côté de la synagogue.

Billets de séjour: Système institué à Varsovie en 1777, permettant aux Juifs de séjourner moyennant finance là où l'installation leur était interdite.

Bund: Parti socialiste ouvrier juif, laïc, fondé en 1897 à Vilno; il a existé en Pologne jusqu'en 1948. Son chef historique était Vladimir Medem, qui démissionna quand le Bund flirta avec le parti communiste. Il devint social-démocrate et, en 1930, s'affilia à l'Internationale ouvrière. Il était dirigé par Henryk Erlich et Wiktor Alter, journaliste très populaire. Luttant contre la République des colonels dans les années trente, il soutint, quoique laïc, des religieux persécutés surtout quand ils étaient contraints de renoncer à des traditions multiséculaires. C'était un parti qui prônait l'emploi de la langue yiddish, un parti yiddishiste; il rassemblait en son sein une section féminine, le YAF (Yiddishe Arbeiter Frauen, Femmes ouvrières juives), un mouvement de jeunesse, le Tsukunft ("Avenir"), et d'enfants, la SKIF (Union des enfants socialistes juifs). Les bundistes travaillaient souvent avec les sionistes, notamment contre les persécutions antisémites, mais aussi dans le réseau scolaire de la Cisho (Organisation centrale des écoles yiddish).

Cercle (Kreis, en allemand): Division administrative de l'Empire germanique implantée dans la Pologne après le partage de 1795. Il y a eu en Galicie (sud de la Pologne) 24 cercles ou Kreise.

Communauté (Kehila, -ot, au pluriel, en hébreu): Groupement juridique de Juifs doté de privilèges royaux ou privés.

Conseil de communauté (Kahal, en hébreu): Conseil composé d'Anciens, d'échevins et de boni viri, élus et chargés d'administrer la communauté.

Conseil des Quatre pays (Vaad arba aratsot, en hébreu): Diète juive, sous la République nobiliaire polonaise, rassemblant les représentants des communautés de la Grande Pologne (la Mazovie grosso modo), de Petite Pologne, de Russie et de Lituanie; après 1623, la Lituanie s'est séparée du Conseil. Le Conseil a été supprimé en 1764. Les Quatre pays formaient la zone de résidence qui s'étendait de Poznan à Kiev.

Zone de résidence où les Juifs avaient le droit d'habiter - c'était le yiddishland

Constitution: (Konstytucja, en polonais) Texte des décisions d'une Diète.

Démocratie nationale: (Narodowej Demokracji, ou Endecja, en polonais) Parti nationaliste polonais (antisémite) dirigé par Roman Dmowski.

Déluge: On nomme ainsi en Pologne les années 1655-1660 qui virent l'invasion suédoise de la Pologne.

Diète: Assemblée des députés de la noblesse. Il y avait une Diète en Pologne et une autre en Lituanie; elles votaient les impôts chaque année. Les débats étaient présidés par un maréchal de la Diète. De 1788 à 1792, a siégé une Diète de quatre ans qui était chargée de réformer le système parlemantaire polonais. Sous la Seconde République (1919-1939), la Diète était un parlement.

Diètine provinciale: Assemblée de l'ensemble de la noblesse d'une province. Elle proposait des textes (lauda, en latin) et élisait des députés à la Diète.

Emigration: Après les Partages de la Pologne (1772, 1793, 1795), les patriotes polonais ont émigré; ils ont été nombreux en France. Ils se regroupèrent en une "Association des démocrates polonais" (Towarzystwo demokratow polskich, TDP, en polonais). Au milieu du XIXème siècle, le siège du parti conservateur en émigration était à Paris, à l'Hôtel Lambert, célèbre hôtel sis à la pointe de l'Ile Saint-Louis, Quai d'Anjou.

Folkistes: Mouvement yiddishisant au XIXème siècle qui s'est constitué en parti entre les deux guerres.

Frankisme: Mouvement schismatique du judaïsme, faisant suite au Sabbataïsme, apparu dans la première moitié du XVIIIème siècle en Podolie (région du sud-est aujourd'hui en Ukraine). Son dirigeant, Jacob Frank, a ensuite conduit ses adeptes à la conversion au Catholicisme gémétria.

Gaon (en hébreu): Titre honorifique attribué aux rabbins les plus célèbres.

Ghemara: (la tradition, en hébreu) Le Talmud se compose de deux parties distinctes, la Michna et la Ghemara. La première est le texte dont la seconde est le commentaire. La Ghemara fait partie de la Halakha, opposée à la Haggada. La Ghemara revêt souvent l'aspect du dialogue à la manière platonicienne mais s'en distingue par son caractère dénué de toute passion, de tout sentiment des interlocuteurs. Ici, c'est la dialectique sous sa forme la plus sèche et la plus ardue. La philosophie de Spinoza, par sa forme aride, quasi mathématique, s'en inspire.

Gemetria: (en hébreu) Système de numération des lettres hébraïques permettant de donner par addition une valeur numérique à un mot.

Ghetto: (en italien) A l'origine, le quartier juif de Venise, qui avait été implanté sur les lieux d'une fonderie (ghetto); à l'époque moderne, on a nommé ainsi les quartiers juifs enclos et souvent fermés la nuit. Sous l'occupation nazie, les ghetti étaient hermétiquement clos.

Gouvernement: (Gubernia, en russe) Division administrative russe étendue à la Pologne partagée; il y avait dix gouvernements en Pologne en 1867.

Halakha: (en hébreu) Ensemble des lois normatives établies par les rabbins mais aussi l'ensemble des discussions qui aboutissent à l'établissement de ces lois. La Halakha est l'une des deux parties du Talmud, dont l'autre est la Haggada. Elle repose sur la déduction et a une méthode de déduction, les sept règles de Hillel, les treize principes de R. Ismaël, la méthode de R. Akiba. Elle fait penser à la scolastique des chrétiens. Mais si la scolastique a pour but d'établir par la raison la réalité de vérité dogmatique, la Halakha ne cherche qu'à se souvenir, à rappeler des décisions légales à moitié oubliées ou mal rapportées et, par un effort de mémoire raisonneuse, à les retrouver tout entières. La scolastique est une philosophie, ancilla theologiae, qu'elle finira par renverser; la Halakha talmudique ne vise qu'à fonder en raison pour le judaïsme un Corpus Juris Ecclesiastici, qui doit servir aux rabbins dans les tribunaux rabbiniques des communautés.

Haskala: (en hébreu) Terme qui désigne le courant ds Lumières initié par Moses Mandelssohn à Berlin à la fin du XVIIIème siècle et développé tout au long du XIXème siècle. Ce courant de pensée n'était pas étranger au monde juif puisque déjà dans l'Antiquité des philosophes juifs comme Philon d'Alexandrie et plus tard, en espagne, Maïmonide avaient tenter de faire une synthèse du monde juif et des concepts de la philosophie grecque. Les chercheurs actuels tendent à montrer que la démocratie athénienne trouve un équivalent dans la Bible et ainsi à rééquilibrer l'importance des deux héritages à cet égard.

Hassidisme/Hassid: (en hébreu: pieu) Adepte du courant mystique et populaire qui s'est créé en Pologne dans la seconde moitié du XVIIIème siècle et dont on attribue la fondation au Baal Shem Tov à Medzibozh en Podolie dans l'actuelle Ukraine. Le hassidisme essaime en Pologne centrale, à Vitebsk et en Russie blanche, franchit les Carpates vers la Hongrie mais voit se dresser l'opposition d'une partie de l'élite rabbinique orthodoxe traditionnelle, notamment le grand rabbin lituanien Elie de Vilnius. Ces opposants sont appelés les mitnagdim (opposants, en hébreu). En 1772, 1780, les chefs de la communauté de Vilnius prononcent des excommunications contre les hassidim. Le hassidisme est un mouvement piétiste et populaire comme en a connu à la même époque une bonne partie de l'Europe chrétienne, notamment la France (avec saint François de Sales au début du XVIIème siècle dans le sillage de la Contre-Réforme) et l'Allemagne.

Heder: (en yiddish) Ecole communautaire juive élémentaire; les instituteurs étaient des melamedim (en hébreu).

Hetman : (en polonais) Général d'armée nommé à vie par le roi de Pologne.

Histadrut: (en hébreu) Parti issu de la fusion du parti sioniste du travail et des Orthodoxes.Membres de la Histadrut d'Horodenka, mouvement syndical des travailleurs juifs sionistes, au moment de la fondation de l'organisation, en 1920.

Hitachdut: (en hébreu) Parti sioniste de gauche.

Insurrection de Kosciuszko: Sous la direction de Tadeusz Kosciuszko, les Polonais s'insurgèrent en 1794 contre le partage de leur pays entre la Russie, la Prusse et la monarchie des Habsbourg.

Irgun zeva'i le'ummi: (organisation militaire nationale, en hébreu) Fondée en 1931 à Jérusalem par des membres de la Hagana sous la direction d'A. Tehomi. L'Irgun s'est regroupée ensuite avec le Betar à Tel Aviv.

Jagellon: Dynastie de princes lituaniens qui a gouverné la Pologne de 1386 à 1572.

Judaïsants: Aux XVIè et XVIIè siècles, Chrétiens très attirés par le judaïsme ou secrètement convertis au judaïsme.

Juddenrat (en allemand) "Conseil juif" dans les ghetti sous l'occupation nazie.

Ketouba: (en hébreu) Contrat de mariage.

Wincenty Smokowski (1797-1876) - Noces juives

Kabbale: Théorie de mysticisme juif dont l'origine remonte à l'Antiquité. La Kabbale a été renouvelée au XIIIè siècle dans le sud de la France et en Espagne puis au XVIè siècle, en Palestine.

Litwak: (en polonais) Nom péjoratif donné aux Juifs lituaniens émigrés dans le Royaume de Pologne.

Maggid: (en hébreu) Prédicateur itinérant.

Magistrat: En Europe orientale, il s'agit de l'ensemble de l'autorité urbaine.

Magnat: Dans la République nobiliaire polonaise, il s'agit de seignurs possédant des propriétés latifundiaires.

Maréchal: Les chefs provinciaux de la noblesse portaient ce titre.

Maskil : (-im, au pluriel, en hébreu) Partisan juif du courant des Lumières à partir de la fin du XVIII ème siècle.

Midrash (en hébreu) Exégèse biblique comportant des parties narratives et législatives. Le Midrash est destiné à l'édification et à la consolation.

Michna: (en hébreu) Recueil de lois de la Tora commentées par la Ghemara et établi au IIIème siècle ap. J.-C. par R. Juda haNassi.

Neuf du mois d'Ab :(en hébreu) Date de la chute du Second Temple de Jérusalem construit par le roi Hérode, en 70 avant J.-C.

Reproduction du Second Temple - Musée de Jérusalem

Non Tolerandis Judaeis (en latin) Droit institué au Moyen Age, au bénéfice d'une ville ou d'une région, de ne pas accepter la présence de Juifs sur son territoire. Ce droit est resté en vigueur jusqu'au milieu du XIXè siècle.

Partages: La Pologne a subi de la part de ses voisins (Russie, Empire des Hasbourg et Prusse) trois partages: en 1772, 1793 et 1795. Entre 1807 et 1815, Napoléon rétablit le Duché de Pologne et instaura en Pologne le Code civil napoléonnien en vigueur jusqu'à la deuxième République. Après d'ultimes modifications en 1815, puis en 1848, la Pologne devait demeurer une nation sans Etat jusqu'en 1919. Le Traité de Versailles rétablit en Pologne la souveraineté de l'Etat.

Les trois partages de la Pologne entre 1772 et 1795

Parti socialiste polonais: (Polska Partia Socjalistyczna, en polonais PPS) Parti fondé à Paris en 1892 dans le but de faire participer la classe ouvrière à la lutte pour l'indépendance de la Pologne. Au XXè siècle, le PPS s'est scindé en plusieurs courants.

Petit traité de Versailles: Texte signé en juillet 1919 et définissant des règles juridiques concernant les minorités nationales en Europe de l'Est et du Sud.

Piast: Dynastie polonaise de seigneurs originaires de Grande Pologne (Mazovie); ils ont gouverné la Pologne du Xème siècle au XIV ème siècle. Aux époques modernes et contemporaines, on appellera "Piast" les "vrais" Polonais.

Pinkas (pluriel, -sim, en hébreu) Registres sur lesquels étaient transcrits les actes des communautés et du Conseil des Quatre pays.

Poalej-Tsion: (en hébreu) Dans la Pologne de l'entre-deux guerres, parti sioniste du travail de gauche, lié aux socialistes.

Positivistes: Mouvement de libéraux polonais qui après l'échec de l'insurrection de 1863 se sont engagés dans le "travail organique", c'est-à-dire le développement économique national.

Radanites: Groupe de marchands juifs du IXè siècle qui, selon les témoignages de géographes arabes, sillonnaient la Méditerranée d'Ouest en Est.

Sabbataïsme: Mouvement schismatique du judaïsme apparu en Orient, dans la seconde moitié du XVIIè siècle, après l'apostasie du "faux messie", Sabbataj Zwi.

Sadaka (en hébreu): La charité, la bonne action.

Saddik (en hébreu): Littéralement, le "sage"; en fait il s'agit, chez les Hassidim, d'un intercesseur entre l'Homme et Dieu dont le rôle supplante celui du rabbin.

Second servage: Système juridique qui s'est mis en place au cours du XVIè siècle en Europe du Centre et de l'Est et qui a pour objet de fixer le paysan à la terre.

Sénat: Assemblée composée d'une centaine de personnes (magnats, évêques, Vojévodes, starostes) formant en Pologne, à l'époque moderne, une "chambre haute".

Shekhina (en hébreu) Présence divine; messager de Dieu.

Sionisme: Mouvement d'opinion apparu à la fin du XIXème siècle parmi les Juifs pour favoriser leur retour à Sion (en Palestine). Son théoricien est Théodor Hertzel, journaliste et écrivain viennois. Le sionisme, en Pologne, était, et de loin, la première formation politique des masses populaires juives.

Subdivisé en plusieurs tendances allant de l'extrême gauche à l'extrême droite, c'était surtout le "sionisme général", au centre gauche, qui domina la scène politique. Les positions courageuses de son leader, Itzhak Grynbaum, lui valurent une grande considération. Les sionistes généraux, alliés aux Mizrahi (sionistes religieux) furent le groupe le plus important à la Diète et au Sénat (50% en 1922). En dehors du but suprême, la création d'un Etat juif à plus ou moins brève échéance, parallèlement à l'émigration en Palestine, le sionisme général attachait une grande importance au "travail dans la diaspora". Il s'opposa à la politique de l'Agence juive qui promouvait la quatrième alya, réussit à provoquer une scission dans la section de Varsovie, s'attirant les foudres de Grynbaum opposé à Chaïm Weizmann à la tête du sionisme international. Selon Grynbaum, Weizmann n'aidait pas suffisamment les Juifs en diaspora et était trop probritannique.

Au sein du sionisme de gauche cohabitaient deux formations. D'une part le Poalé Tsion de gauche, né d'une scission à Vienne en 1920; il était plus attaché au yiddish, parfois même allié au Bund, notamment dans le réseau scolaire du Cisho et plus diasporique; d'autre part, le Poalé Tsion de droite, social-démocrate, qui avait rejeté le marxisme de ses fondateurs, et privilégiait l'hébreu au sein du réseau scolaire du Tarbut. A l'extrême gauche du sionisme se trouvaient les jeunes de l'Hashomer Hatzair, qui préparaient leur installation dans les kibboutzim sous la direction d'un intellectuel charismatqiue, Itzhak Tabenkin.

A la droite du sionisme, les révisionistes rompirent avec les sionistes officiels en 1935 pour créer la NOS (Nouvelle Organisation sioniste). Ils reprochaient à tous les mouvements sionoistes leur tiédeur et leurs rêves en faveur de la démocratie, estimant qu'il n'y avait rien, en dehors d'une alya massive, à attendre du pouvoir. Leur chef, le très influent Vladimir Jabotinsky, s'entretint avec le colonel Beck en 1936, lui proposant de faire partir 1,5 millions de Juifs en dix ans.

Sociniens: (ou Frères polonais) Disciples de Faust Socin (1539-1604), sectateurs chrétiens dits "radicaux" établis en Pologne où ils souhaitaient promouvoir des réformes sociales.

Staroste: Grade polonais de "capitaine" de ville.

Szlachta: Dans la République nobiliaire polonaise, il s'agit du groupe constitué par les membres de la petite et de la moyenne noblesse.

Tolérance religieuse: Système politique mis en place en Pologne par la Confédération de Varsovie de 1573 permettant la participation des nobles réformés aux affaires de l'Etat et la liberté de pensée.

Travail organique: Après les échecs des tentatives révolutionnaires du XIXè siècle, les Positivistes, vers 1890, pensèrent qu'il fallait développer l'économie polonaise pour oeuvrer à l'indépendance. C'est ce qu'ils nommèrent le "travail organique".

Tumulte: Expression qui désigne les pogroms dans la langue des XVIè-XVIIIè siècle.

Vojévode: (Palatin, en français) Responsable d'une province (Vojévodie). Dans la Pologne d'avant les Partages, les vojévodes et à l'échelon inférieur les castellans (Kasztelan en polonais, ou Comites en latin) étaient choisis par le Roi au sein de la noblesse locale.

Wasa: Dysnastie suédoise dont la branche catholique a régné en Pologne de 1588 à 1668.

Yeshiva (en hébreu): Ecole supérieure destinée à former les rabbins.

(work in process, work in progress)

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La bourgade de Raciąż en Pologne

Mon grand-père paternel, Raphaël Alba, était né en 1876 dans une petite bourgade de Pologne, alors russe, Raciaz. C'était ce qu'on appelle un "stetl" qui abritait une riche et nombreuse communauté juive. Son nom fut difficile à retrouver. Sur le passeport de mon grand-père figure son lieu de naissance sous la forme "Ratchoum". Or ce nom ne figure sur aucune carte. En yiddish, on prononçait "Racionz". Aucune information n'avait été transmis dns la famille concernant ce lieu devenu mythique par le silence qui l'entourait. C'est le district dont elle faisait partie, Wloclawek, qui provient de la ville de Wloclawek, qui me permit d'identifier la bourgade de naissance de mon grand-père sous le nom de Raciaz. Les recherches dans les archives juives de la ville de Plock des actes de l'Etat civil d'avant 1876 confirmèrent cette hypothèse. Après plusieurs années de recherches infructueuses, j'avais enfin identifié le lieu de naissance de mon grand-père: Raciaz, en Mazovie, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Varsovie.

Il est difficile de l'écrire en fançais sans commettre de fautes d'orthographes en polonais. En effet le "a" de la dernière syllabe s'écrit avec une sorte de cédille qui lui donne en réalité le son /o/ouvert nasalisé et le "z" porte un point, qui lui confère le son [je]; on doit ainsi prononcer [ratsionge] cette petite bourgade de Mazovie.

Mon grand-père la quitta fin janvier 1905 pour Paris fuyant les pogroms qui détruisirent une partie des actes de l'Etat civil de ma famille, introuvables aujourdhui. Il fut le seul de sa famille à émigrer vers Paris. Le reste de la famille, ses parents, son frère Moïse avec sa femme, des cousins, trouvèrent un refuge précaire mais durable à l'Est, à Pskov, l'une des plus anciennes villes de Russie, connue pour la victoire qu'y remporta Alexandre Nevski contre les chevaliers teutoniques au Moyen Age. Pskov abritait une église luthérienne (détruite en 1945 et non reconstruite depuis lors) mais aucune synagogue. Les archives de Mlawa, au nord de Raciaz, qui conservent les archives d'après 1876, permettent de supposer qu'au moins deux cousins, dont on ne retrouve pas les actes de décès, restèrent à Raciaz après 1905; ils furent très certainement déportés et assassinés à Treblinka avec toute la région de Plock ou dans un camp un peu au nord de Mlawa, à Dzialdowo, de l'autre côté de l'ancienne frontière avec la Prusse orientale, où une aprtie des Juifs de Plock et sa région fut également assassinée.

De trop rares photographies de Raciaz d'avant 1914 permettent de se faire une idée de cette bourgade où la communauté juive s'était peu à peu implantée à partie du 16ème siècle.

Raciazla_place_avec_les_chevaux1914_1 C'est ici la place centrale avec ses maisons en bois typiques de cette région de Pologne. Les charues et leurs chevaux vaquent à leurs occupations. On voit la cathédrale dans le fond avec ses deux tours. La cathédrale demeure mais tout le reste a été anéanti durant la dernière guerre. La place centrale est désormais un espace vide bordé de caisses de béton.


La_place_actuelle_du_march_de_raciaz_pho_1 Voilà ce qu'il est advenu de la charmante petite place de Raciaz d'avant 1914. Néanmoins, certaines maisons anciennes, en bois, où vivaient les Juifs sont encore visibles. Ainsi la maison des Korman, qui ont émigré en Californie.

Raciaz_photo_n3_la_maison_des_korman On voit ici les Korman devant la maison où vivaient leurs ancêtres, rue Manes, en visite à Raciaz en discussion avec un habitant actuel de la ville devenue "judenfrei" comme disaient les nazis. Même le cimetière a disparu. Cette rue Manes est l'artère principale qui mène à la cathédrale. Une autre rue importante de la ville est bordée de maisons anciennes construites à la russe avec des rondins de bois.

Raciaz_older_streetphoto_n7 Ma famille devait être des artisans, les archives mentionnent qu'ils étaient tanneurs en 1863. Mon grand-père était tailleur et fit fortune à Paris en montant une maison de haute couture boulevard Haussmann en 1916. Une article du Figaro de 1924 mentionne qu'il inventa, sans doute vers 1919, le manteau de cuir pour dame pour les belles bourgeoises qui fréquentaient les champs de course alors à Pau. Il était né Russe en Pologne, le russe était sa langue maternelle, mais parlait comme tous les Juifs le yiddish, le polonais aussi très probablement et l'allemand, ainsi que le français une fois installé à Paris. Les archives les plus anciennes, datant de 1835, sont rédigées en russe et en yiddish; mais peu à peu la langue administrative devient le polonais. L'hébreu, il l'apprit aussi pour les prières qu'on lui enseigna dans la fameuse "Heder", en hébreu, où le Rabi du coin enseignait la Tora; c'était une petite maison de bois, qui existe toujours.

Raciaz_former_cheder_photo_n4 C'est dans cette petite maison que mon grand-père apprit l'hébreu avec les petits Juifs de sa génération, vers 1886. Elle fourmillait de bruits, de prières et, les jours de fêtes, comme la bar mitsva, du son des violons.

Ce monde n'est plus. Il n'en reste que quelques images. C'est tout un monde qui a disparu où les Juifs vivaient depuis des siècles.

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Procès à la SNCF

Deux avocats à la cour, Pierre-François Veil et Patrick Klugman, ont publié le 18 septembre dernier dans Le Figaro, un article insultant à l'égard des ayant-droits des déportés souhaitant assigner la SNCF en justice pour avoir transporté à Auschwitz des membres de leur famille. L'argumentation de ces deux avocats est essentiellement d'ordre moral, dénonçant, selon eux, ce qu'ils appellent "une logique pécuniaire" que près de mille deux cents familles s'apprêteraient à faire prévaloir sur le devoir de mémoire, "notre pays [ayant] pris sa juste part dans la réparation des souffrances engendrées par les persécutions du régime de Vichy", soulignent-ils un peu vite. Mais de quelle réparation parlent-ils? Pour l'énorme majorité des Juifs, il n'y en eut aucune.

Il serait sans doute bon de rappeler aux Français qui ont la mémoire courte et, pour la plupart, n'en ont guère eu souci ce que sont les Accords franco-allemands d'indemnisation des victimes du national-socialisme de 1960 passés entre De Gaulle et Adenauer. Une monstruosité de l'histoire de la Vème République que nos deux auteurs passent discrètement sous silence dans leur article mal informé et trompeur, concentrant la lumière sur la "Commission Mattéoli" sur la spoliation des Juifs de France comme si tous les Juifs étaient concernés par cette commission; les Juifs pauvres existent aussi qui n'ont par nature aucun bien spolié à faire valoir, mais une seule demande: la justice, qu'on leur a toujours refusée jusquà ce jour. Ces accords, en effet, loin de rendre justice aux victimes de la Shoah ont méprisé pour la majorité d'entre eux leurs droits imprescriptibles.

Mon père notamment n'a jamais été indemnisé pour la déportation de sa mère et de sa tante gazées à Auschwitz en 1942. Il ne fut pas le seul; l'énorme majorité des ayants-cause de la déportation des Juifs était dans son cas. La raison: ces accords ont entériné la distinction instaurée par le régime de Vichy entre les Juifs français et les Juifs étrangers, qui prétendait sauver les premiers en faisant déporter les seconds. C'est ainsi que la mère de mon père de même que sa tante, étrangères au moment de leur déportation, n'ont pas eu droit à indemnisation. Elles n'étaient pourtant pas en France de fraîche date; installées à Paris depuis 1905, elles avaient fui comme beaucoup de Juifs les pogroms à Odessa. Mais, bien qu'étrangères, elles payaient comme tous les Français leurs impôts depuis des décennies. Ma grand-mère a d'ailleurs payé après 1918 de très lourds impôts de guerre qui ont bien failli mettre en faillite la maison de haute couture R. Alba qu'elle avait fondée avec mon grand-père, qui inventa le manteau de cuir pour dame comme le rappelle un article du Figaro de 1924, une maison alors sise boulevard Haussmann, qui a largement contribué à l'économie de notre pays jusqu'à la grande crise de 1929, qui l'élimina, et au rayonnement de la France en Europe puisqu'elle était connue aussi bien à Londres qu'à Berlin ou Bucarest, et naturellement à Paris, où venait s'y habiller entre autres la princesse de Lucinge, qui ne payait pas. Mon père n'a pas été indemnisé en 1964 pour l'assassinat de sa mère et de sa tante par les nazis avec la complicité du régime de Vichy; ces deux crimes contre l'humanité n'ont jamais été réparés contrairement à ce qu'affirment les deux auteurs de l'article. Mon père était pourtant Français, né à Paris de parents russes, naturalisé par la loi de 1927, soldat mobilisé le 3 septembre 1939 pour défendre son pays, qui l'avait fait apatride dans son propre pays par les lois antisémites de Pétain et que De Gaulle et son régime a abandonné en 1964 alors qu'il demandait justice à la France que ma grand-mère vénérait.

Il n'est dès lors pas exagéré de dire pour "quiconque a le souci de la justice et de l'histoire", pour reprendre les termes de nos deux avocats, que la réconciliation franco-allemande scellée par ces accords de 1960, loin d'avoir permis à "notre pays [de prendre] sa juste part dans la réparation des souffrances engendrées par les persécutions du régime de Vichy", s'est faite sur le dos des Juifs comme mon père. Car l'énorme majorité des Juifs déportés de France étaient étrangers au moment de leur déportation. Ainsi en avaient décidé Pétain et Laval, ainsi l'a confirmé cette réconciliation, fondement de l'Europe aujourdhui, entachée de ce déni de justice par des accords scélérats à l'égard des Juifs français comme mon père, qui en a terriblement souffert ainsi naturellement que toute sa famille. Les Allemands n'ont pas eu à payer beaucoup d'impôts en guise de réparation des crimes des nazis commis en France contre les Juifs.

Mais depuis 1964 la conscience universelle a mûri; "Die Ewigkeit altert", a écrit le grand poète Paul Celan dans ce paradoxe éclairant. Le moment de la "juste part" que doit prendre notre pays dans la réparation effective des souffrances engendrées par les persécutions du régime de Vichy, reconnues si tardivement par l'Etat, est venu. Les auteurs de l'article paru dans Le Figaro reconnaissent eux-mêmes son existence et son bien-fondé, que leur méconnaissance du dossier conduisait seule à des conclusions hâtives, superficielles et outrageantes non seulement pour les familles concernées, mais pour la France et pour l'Europe.

Car les morts de la Shoah, l'immense silence de la dénégation des responsabilités qui les entourent en dépit de tous les innombrables discours tenus à leur sujet pour le couvrir, hantent le politique et empêchent la construction européenne d'avancer si nécessaire à notre avenir. Les "fantômes d'Auschwitz" ne hantent pas seulement les familles des déportés, les cabinets des psychiatres et des psychanalystes; ils sont partout dans nos débats, dans nos livres, dans nos articles de presse, notre vie publique, nos écoles et notre enseignement qui est loin d'être aussi aisé et serein concernant l'enseignement de la Shoah - parfois contrecarré insidieusement par l'administration elle-même jusqu'à sa hiérarchie la plus haute en plus des élèves et de leurs parents, je puis en témoigner comme enseignant à Drancy - que le prétendent avec une innocence dangereuse si elle n'est pas coupable nos deux auteurs. Ce ne sont pas seulement les familles de déportés qui réclament justice, c'est l'Europe. Il n'y aurait pas de réparation des crimes si l'Europe n'en bénéficiait pas. Auschwitz est situé en son coeur. Un éventuel procès à la SNCF vise à délivrer un message universel que le monde attend, condition certes très insuffisante mais nécessaire à la reconnaissance et à la délivrance des "fantômes", et à la renaissance de l'Europe des cendres des Juifs qui l'ont portée sur les fonds baptismaux et qui l'habitaient depuis plus de mille ans.

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Introduction à l'histoire de ma famille

Ours is not a world of memory, but of participation

Not of order, but of desire, not of law, but of affirmation

Our night is wide.

"Stone in Vence", Jean-Paul de Dadelsen, 1954.

A travers mes voyages en Europe et en Israël, je me propose de raconter l'histoire de ma famille juive. Son histoire mouvementée à travers le continent européen depuis la fin de la guerre de Cent Ans au fil des siècles est une fenêtre ouverte sur l'histoire de l'Europe depuis presque six siècles.

D'origine sépharade, ma famille est devenue ashkénaze implantée en Pologne et en Russie. D'Espagne, qui lui a donné son nom, plus précisément de Tolède où le duc d'Alba permettait aux Juifs de prendre son nom en guise de protection - ce que lui reprochera bien plus tard le duc de Saint-Simon dans ses Mémoires dans son analyse acerbe de ce qu'il juge être un signe de la décadence de la noblesse européenne -, elle a fui la montée de l'Inquisition dès le milieu du XV ème siècle et a essaimé d'abord en France vers 1457 [date fournie par les archives les plus anciennes de Bergerac]où elle s'implante à Bergerac tout près du château de Montaigne, dont la famille était également d'origine juive sépharade, en fondant le château de Lespinassat, aujourd'hui classé aux monuments historiques.

Convertie au calvinisme comme de nombreuses familles juives du sud-ouest de la France, elle fut chassée de France où elle avait été anoblie en 1638 sous Louis XIII [dont les armes sont "De gueules à trois têtes de chiens courants d'argent; un chef d'azur chargé de trois molettes d'éperon d'or" qu'a adopté la ville de Thénac dans le blason de la ville avec celui des Lauzun; plusieurs branches latérales ont brisé leurs armes dun lambel de trois pendants], après la Révocation de l'Edit de Nantes, par l'Edit de Fontainebleau de 1685. Une descendante calviniste de cette branche française, lointaine cousine née au château de Lespinassat, Lydie de Rochefort de Théobon, devint Fille d'Honneur de la seconde Duchesse d'Orléans, qui l'appelle dans ses lettres à sa famille de Heidelberg "die gute schwarze Junfer" ("la bonne Fille d'Honneur noire", sans doute en raison de sa peau mate qui dénotait son origine sépharade, ce qui était extrêmement rare pour une noble de la cour de Versailles); elle fut même une des nombreuses maîtresse non officielles de Louis XIV, mentionnée en tout cas comme telle dans les dépêches secrètes de l'ambassadeur du roi de Prusse, Spanheim, auprès du Roi, et elle est mentionnée pour cette raison dans quatre lettres de Madame de Sévigné, à partir de 1670, date où elle le serait officieusement devenue à Chambord, à l'automne en regardant Le Bourgeois gentilhomme qu'y donnait Molière pour la première fois devant le roi et la Cour.

L'un de mes ancêtres, Josué de Alba, écuyer, seigneur de Lespinassat, rebelle à sa conversion au catholicisme tandis que d'autres membres de la famille, dont Daniel de Alba, écuyer, vicomte de Monbazillac, se convertissaient au catholicisme [dont les armes sont "de gueules au sautoir d'argent"], s'enfuit de France après 1698 pour échapper aux persécutions contre les Protestants, se réfugia à Amsterdam auprès de cousins qui y avaient déjà trouvé un asile, les Eyma de Frégiguel dont la branche hollandaise avait conservé ses armes ["De gueules à trois besants d'argent"]. Là, mes ancêtres se convertirent à nouveau au judaïsme.

Le commerce hanséatique, notamment le commerce international du vin et de l'alcool entre Bergerac, la côte bordelaise et la Pologne jusqu'à l'intérieur des terres en descendant la Vistule, l'amena, ou ses descendants immédiats, à s'implanter d'abord à Dantzig au début du 18ème siècle, puis, vers la fin du siècle des Lumières, en raison notamment des guerres entre la Prusse et la Pologne, à se réfugier dans la bourgade de Raciaz, en Mazovie, à une trentaine de kilomètres au nord de Plock, qui fut la capitale de la Mazovie au Moyen-Age, et où vivait depuis la Renaissance au moins une importante communauté juive, ainsi qu'à Raciaz, où est né mon grand-père, en 1876. Les archives les plus anciennes de Pologne, qui n'ont pas été détruites ni par les pogromes ni par les nazis, remontent à 1825, rédigées en russe et en yiddish.

Les pogromes de 1905 mirent fin presque totalement à l'implantation de ma famille en Pologne, mis à part deux cousins dont les noms apparaissent dans les archives, nés dans les années 1880 et qui, restés sans doute en Pologne, périrent vraisemblablement soit à Tréblinka soit au camp de Dzialdowo au nord de Mlawa, de l'autre côté de l'ancienne frontière avec la Prusse orientale, où une partie des Juifs de Mazovie fut aussi exterminée. Mon grand-père émigra en janvier 1905 en France à Paris où il fonda une maison de haute couture au 63 boulevard Haussmann, qui eut son heure de gloire par des articles dans Le Figaro dans les "Années Folles", mon grand-père ayant d'ailleurs été l'inventeur vers 1919 du manteau de cuir pour dames pour les courses de chevaux qui avaient lieu alors à Pau (le CDJC possède désormais un catalogue de ses collections, plus d'une centaine de modèles). Une autre partie de la famille émigra en Russie, à Pskov, une des plus ancienne villes de la Russie, connue pour sa résistance aux hordes teutonnes et où Alexandre Nevsky, célébré par le grand film d'Eisenstein, y remporta une victoire qui fait date dans l'histoire de la Russie. Puis, à Saint-Pétersbourg, vers le milieu des années 1930 et le début de la terreur stalinienne pour se fondre dans la grande ville où la menace antisémite était moindre.

Ma grand-mère, originaire d'Odessa, ainsi que sa soeur, ma grand-tante paternelle, furent assassinées à Auschwitz-Birkenau en 1942; les archives d'Odessa ont révélé que leur père, Jacob Schneider, mot officiellement selon ces archives soviétiques d'une "crise cardiaque", a vraisemblablement été assassiné en réalité d'une balle dans la tête par les agents de la Tchéka comme Juif. Il est très probable que ma grand-mère et sa soeur sont morte à Auschwitz sans l'avoir jamais soupçonné.

Ainsi ma famille est sans doute une des très rares familles d'Europe à avoir son nom à la fois mentionné dans Le Grand Armorial de France [Département de Bordeaux Bergerac Registre 2è, N°46, conservé aux Archives nationales] et gravé au "Mur des Noms" du Mémorial de la Shoah à Paris rue Geoffroy-Lasnier.

Je me propose donc de publier sur mon blog au fil du temps et de mes périples en Europe sur les traces de mes ancêtres des documents officiels et personnels, des photos concernant ma famille, dont la plupart des originaux se trouvent au CDJC à Paris et aux Archives nationales.

Posté par melkisedek à 17:10 - Histoire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Vive la liberté !

J'espère vous accueillir bientôt, nombreux à propos des sujets qui nous tiennent à coeur, que ce soit la littérature, l'histoire, la philosophie autour de l'histoire des Juifs en Europe.

Défendons la liberté d'expression et les valeurs universelles qui fondent la démocratie, les échanges afin de mieux vivre ensemble en partageant nos points de vue.

Posté par melkisedek à 17:06 - Histoire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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