24 novembre 2009

POÉSIE SANS ÉCLAT

Automne : le saule et l'olivier dans le jardin, le ciel gris sur la ville grise. Y a-t-il encore quelque chose à chanter au-delà des mots ?   *   Le masque de la nuit se met à rire : c'est un soleil accroché dans un arbre. Le café bout dans ta tasse. Les arbres sont veufs de leurs feuilles. Les chiffres reprennent les prières dans le ciel blême.     *   Quelqu'un cherche une adresse perdue dans la nuit. Il sort une clef de sa poche. Où est la porte ? On entend ses pas sur les pavés, ... [Lire la suite]
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24 novembre 2009

QU'APPELLE-T-ON PENSER AUSCHWITZ ?

Le livre d'Ivan Segré, Qu'appelle-t-on penser Auschwitz ?, fera certainement date dans l'histoire de la pensée de langue française de ce début de 21è siècle. C'est un livre de philosophie important qui interroge "la singularité du crime nazi" sous le nom désormais connu d'Auschwitz. Il s'agit bien de s'interroger sur la singularité du crime et pas seulement sur le crime nazi. En quoi ce crime est-il singulier et qu'en est-il de la pensée de cette singularité et de la pensée après la singularité d'Auschwitz ? Telles sont... [Lire la suite]
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03 novembre 2009

JAN KARSKI, UN ROMAN DE YANNICK HÆNEL ?

L'ouvrage de Yannick Hænel porte en sous-titre "roman". Or, parmi les trois parties dont se compose son livre, seule la troisième se présente comme une fiction romanesque. On peut se demander dès lors quel est le statut d'un tel "roman" et s'il ne confirme pas les prophéties plutôt pessimistes sur la fin de la littérature de Dominique Maingueneau dans son Contre Saint Proust ou la fin de la littérature ou de William Marx dans L'Adieu à la littérature ? Mais du point de vue de l'auteur lui-même, on peut s'interroger sur la nature de la... [Lire la suite]
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19 octobre 2009

QUATRE POÈMES D'INGEBORG BACHMANN

            Die gestundete Zeit Es kommen härtere Tage. Die auf Widerruf gestundete Zeit wird sichtbar am Horizont. Bald musst du den Schuh schnüren und die Hunde zurückjagen in die Marschhöfe. Denn die Eingeweide der Fische sind kalt geworden im Wind. Ärmlich brennt das Licht der Lupinen. Dein Blick spurt im Nebel: die auf Widerruf gestund e te Zeit wird sichtbar am Horizont.   Drüben versinkt dir die Geliebte im Sand, er steigt um ihr wehendes Haar, er fällt ihr ins... [Lire la suite]
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10 mai 2009

BERLIN ALEXANDERPLATZ

Livre I C'est ici, au début, que nous verrons Franz Biberkopf quitter la prison de Tegel, où l'avait menée son ancienne existence insensée. Il reprend difficilement pied à Berlin, mais il y parvient tout de même, il s'en réjouit et c'est alors qu'il fait le serment d'être honnête. DÉPART POUR LA VILLE AVEC LE 41    Il était debout devant la porte de la prison de Tegel et il était libre. Hier encore, derrière ses murs, il avait, avec les autres, butté des pommes de terre aux champs, en uniforme de détenu; maintenant... [Lire la suite]
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07 mars 2009

Atelier d'écriture n°3

J'ai réécrit le début de cette manière. Je suis en train d'écrire la suite que je publierai prochainement. La suite se déroule en Israël durant la deuxième guerre du Liban, alors que je séjournais chez une amie française à Beer-Sheva. ________________________ J'ai un âge indéterminé. J'entre dans le salon et je referme sur moi les deux panneaux extérieurs du miroir Brot — je serais bien embarrassé si on m'en demandait la raison (est-ce une forme de prescience, les mystères de la filiation ou simplement le goût du vertige ?). Je... [Lire la suite]
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28 février 2009

ROBBE-GRILLET, C'EST DU MAURIAC !

Au fond, les reproches qu’adresse Robbe-Grillet au discours autobiographique dans Le miroir qui revient, et que cite A. Compagnon dans son cours du 20 janvier dernier, diffèrent très peu de l’analyse que fait Mauriac, en un autre temps, dans Le romancier et ses personnages : sélection de l’information, modélisation de la représentation prise dans la trame d’une narration aux vertus démonstratives. Au fond, les reproches de Robbe-Grillet pourraient s’adresser à la littérature en tant que telle, à la mimesis. Mais la nature... [Lire la suite]
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28 février 2009

LA LITTÉRATURE COMME NOUVEAU CARNAVAL : LA SOLUTION DE HOUELLEBECQ

L’écriture de la vie relève aujourd’hui à l’évidence du malaise. Malaise de la société et malaise de la littérature contemporaines. La société contemporaine fait de ses membres des “particules élémentaires” et de la société une société sans référent ni départ historique constitutif d’une orientation capable de produire du sens. Le seul départ historique possible est celui mis en évidence par Les Bienveillantes, c’est la Shoah. Mais il est une solution à ces impasses, celle proposée par M. Houellebecq : une littérature qui expose ses... [Lire la suite]
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24 février 2009

Atelier d'écriture n°2

En France, on se contente désormais d’écrire des livres sans se poser de questions esthétiques ni s’interroger sur le sens de la création contemporaine. Un certain relativisme a pris le pas sur la recherche formelle d’autrefois, sur la recherche de l'absolu littéraire. Écrivons des romans, on verra bien ensuite, telle semble être la nouvelle doxa paradoxale. Juste retour des choses ? Il règne en France comme un néo-académisme, un conservatisme de bon aloi dont la plupart de lecteurs se satisfont. À mon avis tout cela ne nous mènera... [Lire la suite]
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23 février 2009

Atelier d'écriture n°1

Tout récemment, je crois avoir enfin trouvé la structure organique d'un récit qui me permette de parler de ce qui a traversé ma vie, le fantôme d'Auschwitz de ma grand-mère. J'y réfléchis depuis vingt-cinq ans. D'aucuns pourront pourront s'effrayer, d'autres crier à l'imposture, d'autres encore ricaner. Toutes ces approches méritent pourtant de les prendre en compte, le ricanement surtout, qui me paraît la réaction la plus intéressante, la plus caractéristique de ce que ce fantôme est venu nous dire et qu'il ne faut surtout pas... [Lire la suite]
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